Largement en usage au moyen âge, le sac contient l’essentiel : couteau, denrées alimentaires, argent… Il se présente sous la forme de BOURSE A CORDON COULISSE, et se porte à la ceinture. Différents modèles existent : l’ESCARCELLE, la BOUGETTE, l’AUMÔNIERE. Avec le temps les sacs se font de plus en plus raffinés, les étoffes et les broderies plus précieuses. A la Renaissance les poches n’ont pas encore été inventées. Les femmes de la fin du XVIe et du XVIIe siècle accrochent à leur taille des petits sacs aux broderies raffinées.

Au XVIIIe, le sac disparaît sous les volants des robes bouffantes qui cachent des POCHES INTERIEURES dans les plis du tissu. Le sac se porte à la hanche pour ne pas nuire à la silhouette, et s’attache à la taille. Il est en lin ou en coton et délicatement brodé. Les femmes gardent à portée de main des sacs plus grands et plus carrés, contenant leur matériel de couture, de broderie, de tapisserie… Ce sont les SACS A OUVRAGE.

A la fin du XVIIIe siècle, la mode est aux robes ajustées, qui n’ont plus suffisamment de plis pour y cacher un sac. Place alors au RETICULE. Dans sa forme la plus sophistiquée, il est orné de paillettes, de perles et de broderies, il comporte un fermoir métallique plus ou moins ouvragé, et se porte à la main ou à la ceinture. Il est en soie, mousseline ou coton. Il y a aussi le PORTE-LETTRE, qui contient le nécessaire à correspondance.

Au XIXe siècle, avec l’invention de la locomotive à vapeur, des paquebots et des bateaux à aubes, les femmes se mettent à voyager. Il leur faut de nouveaux accessoires pour transporter leurs affaires. D’où le succès des boîtes à chapeaux, des malles.

En 1900 apparaît une maroquinerie de luxe, et en 1910 la maille métallique, fabriquée à la main (de fines lanières de fer, d’argent, de bronze, d’or ou d’acier trempé façonnées en anneaux entrelacés) permet de confectionner des filets de métal à des prix exorbitants. Après la 1e Guerre Mondiale, les réticules tombent en désuétude. De nouvelles matières apparaissent : peau de serpent, de crocodile, de lézard, fourrures… Et dans les années 20, la mode est aux petits sacs, qui tiennent dans la main. La plupart sont dotés d’un anneau à glisser au doigt. Ce sont les MINAUDIERES : elles comportent de la poudre et un miroir. C’est la grande vague des cosmétiques, il est de bon ton de se maquiller en public. Le sac est désormais l’accessoire féminin par excellence. A la manière dont il est porté (de plus en plus à l’épaule, car il fait partie de la silhouette), à la manière dont il est fermé (fermoir ouvragé, clip, poche intérieure, simple rabat…) le sac fait signe vers une pudeur et une intimité, le sac fait parler la personne (il est confortable, utilitaire, ou raffiné, précieux, c’est un sac de soirée ou un sac de voyage).

D’une manière générale, le sac entretient de nombreux rapports avec le corps. Le sac peut être porté comme un vêtement ou comme une parure, toujours près du corps, objet à toucher, toujours en relation étroite avec le corps. Le sac se porte en travers du corps. Il est une sorte de prolongement du corps, mais également un miroir de la personnalité et de la personne. Autrefois il n’était pas rare de coudre des devises dans la doublure. Les créateurs ne tarissent pas d’idées pour fabriquer de nouvelles lignes de sacs, car le sac est plus que jamais UN OBJET CULTE.

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LE RETICULE : Très en vogue en 1900, le réticule est un sac à fermoir métallique plus ou moins ouvragé. La mode est alors aux robes ajustées, qui n’ont plus suffisamment de plis pour y cacher un sac. Le réticule est en soie, mousseline ou coton orné de perles, de broderies…

LA MINAUDIERE : Dans l’enthousiasme des années 1920, la mode est aux petits sacs peu encombrants, qui permettent aux femmes de danser et de s’amuser en toute liberté. Les sacs deviennent plus petits, jusqu’à tenir dans le creux de la main. Ce sont les minaudières. Avec la vague des cosmétiques, ces sacs de beauté (qui contiennent de la poudre et un miroir) deviennent l’accessoire féminin par excellence.

L’AUMÔNIERE : Au moyen âge, c’est la bourse des nonnes et des moines. Elle contient le minimum : un mouchoir, un chapelet, parfois un livre de prières, et de l’argent. D’où le terme « aumônière » qui apparaît dans l’Europe des XIII et XIVe siècles, époque où les pauvres demandent l’aumône ouvertement dans la rue. L’aumônière se distingue de la bourse des dames de la haute société, richement décorée, faite dans des matières précieuses et souvent brodée de fils d’or.

LA BOUGETTE : Grande bourse de forme arrondie, fermée par des cordons coulissés, qui servait aux bergers du moyen âge à porter leur couteau et la laine fraîchement coupée. Le terme « bougette » vient de « bouge » : logement malpropre…

L’ESCARCELLE : Grande bourse pendue à la ceinture, fermée par un cordon coulissé, plus ou moins richement décorée, en usage au moyen âge.

LE FOURREAU : Cet étui allongé, sorte de gaine enveloppante, a plusieurs ancêtres : le carquois et la hotte de chiffonnier, l’étui à couteau, et le sac à rouleaux de parchemin. Il correspond, par son élégance, aux robes ajustées de style Empire.