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La méduse et l’oursin sont mes sous-marins préférés. Ils sont complémentaires. L’oursin, dur et piquant, la méduse, souple et ronde. Masculin, féminin.

La méduse, dans ses déplacements, est « aérienne », elle est translucide, gélatineuse. C’est le tout-organique. Elle est maternelle. Placenta. Mais cette douceur cache une arme redoutable. Elle est venimeuse, tétanisante. Méduse ambivalente, fascinante ombrelle. Lumineuse la nuit, elle attire sa proie avant de la harponner. Comme dans le mythe, elle pétrifie ceux qui croisent son regard. Ses cheveux sont des serpents. Mère terrifiante. Femme monstrueuse mue par l’envie, femme rivale, décapitée par Persée et Athéna complices.

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Ma méduse à moi est simplement organique, à mi-chemin entre le végétal et l’animal. C’est une méduse terrestre, dansante, rassurante. J’ai fabriqué cette méduse pour répondre au thème du concours « Avec ou sans eau », organisé par les musées d’Angers (triennale 2009). C’est une sculpture de 12 cm sur 12. Elle est posée sur un socle de résine translucide. Son corps est constitué de fils de métal et de mousseline de soie. L’organisme apparaît en transparence. Où est le mystère de la méduse ? Translucide, elle ne cache rien. Ses plis et replis n’évoquent aucune intimité, tout est visible. La méduse est transparente, elle ne trompe personne.

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Il y a trois nouveaux aquariums de méduses à La Rochelle. J’y retournerai (encore et encore) rien que pour elles !

Lucile Dupeyrat